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20151020

Communiqué de la section LdH Creil-Sud-Oise
Le 20 octobre 2015
 
La Ligue des Droits de l’Homme ne saurait accepter les termes méprisants et insultants de la lettre adressée par le maire de Creil aux gens du voyage qui s’étaient installé sur le terrain Letien. Peut-on imaginer qu’adressée à des citoyens de la circonscription elle aurait été écrite dans ces termes? De plus ces gens ont été agressés par des voisins, insultés, un policier leur a même intimé l’ordre de quitter l’Oise ! Mais il ne s’agit là que d’un épisode qui illustre une situation quotidienne qui se pérennise.
 
Les gens du voyage constituent aujourd’hui une minorité de la population nationale victime de discrimination et d’ostracisme :
 
  • L’obligation de créer des aires d’accueil n’est pas respectée par 60 % des communes ou Communautés de Commune de l’Oise. Il est impossible pour des caravanes de stationner entre l’agglomération creilloise et St Just-en-Chaussée sans être ipso facto en infraction.
  • Les Plans Locaux d’Urbanisme ne tiennent aucun compte du mode particulier d’habitat de cette population : de nombreuses familles se voient interdire la possibilité de vivre en caravane sur un terrain leur appartenant.
  • Des maires refusent illégalement l’inscription des enfants dans les écoles de peur de voir s’installer leur famille dans la commune.
  • Les familles, mais ce qui est plus grave, les enfants, dès leur plus jeune âge vivent au rythme des expulsions par des policiers armés, connaissent le mépris, les insultes et de plus en plus fréquemment les agressions de la part de populations sédentaires.
  • Empêchées de se sédentariser, même provisoirement, les familles ne peuvent scolariser les enfants normalement et certaines personnes malades ou handicapées ne peuvent bénéficier du suivi médical nécessaire.
Les « Gens du Voyage » sont des citoyens membres de la communauté nationale. Ils ont droit comme tout être humain au respect et à la dignité (1er article de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme).
 
En septembre 2013, plusieurs organisations signaient un texte commun tentant d’expliquer qui sont ces personnes, leur mode d’existence et de proposer des solutions permettant de les faire accepter comme des citoyens à part entière dans des conditions dignes :
 
  • Une priorité notamment dans l’Oise serait la prise en compte obligatoire par les Plans Locaux d’Urbanisme de zone d’implantation de terrains familiaux en propriété ou en location.
  • L’aménagement des aires d’accueil manquantes, le préfet pouvant se substituer aux municipalités réticentes.
  • Reconnaissance de l’habitation mobile comme une habitation « normale »
La possibilité de vivre sur leur propre terrain familial permettrait l’ancrage territorial de plusieurs centaines de familles dans l’Oise, la scolarisation des enfants, le suivi médical des malades et des vieillards, dégagerait les aires d’accueil occupées par des familles sédentarisées ou semi-sédentarisées. Ce pourrait être une condition de la fin du mépris.